MICHAEL VIALA
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© Michaël Viala

Michaël Viala – Espace par Sabrina-Ambre Biller, 2011.

Michaël Viala présente, à travers ses sculptures, des objets autonomes qui sont révélés par des for- mes répondant à des modalités physiques de l’espace dans lequel ils sont construits et ainsi déterminés. Les questionnements qu’il porte face à l’environnement, ainsi que sur les notions de spatialité, sont ainsi croisés dans sa démarche artistique.
Le point de départ de cette démarche étant déterminé par cette question fondamentale : « qu’est-ce qu’une exposition ? ».
On comprend donc facilement que celle-ci est intrinsèquement et intimement liée à la conception et création de ses pièces. Ce postulat réflexif de départ sur « l’exposition » désigne traditionnellement deux notions fondamentales, à savoir l’espace et le temps où des objets rencontrent un public.
De ces deux critères se dégagent aussi différents axes terminologiques et paramètres à prendre en compte qui sont : le lieu, l’espace, le temps, la rencontre, le public, l’objet.
Ainsi en élaborant ce protocole, Michaël Viala est porté par ces différents questionnements. On se trouve donc dans une mesure composée de deux temps : le premier serait un temps pour l’espace, le second étant celui où les œuvres se dévoilent.
La notion d’exposition est un temps déterminé, un temps donné dans un contexte défini. Ce qui est important est de rendre compte de ces éléments et de mettre en exergue la relation coexistante entre « l’oeuvre, le spectateur et l’espace ».
De cette triangulaire est née la démarche artistique de Michaël Viala. Dans ces trois paramètres s’inscrivent la réalité temporelle et anthropologique que l’artiste nous donne à voir.
C’est ainsi que la première étape passe par l’observation et l’appréhension du lieu. C’est à cet instant que Michaël Viala questionne la perception de son environnement par le regard, par la circulation, interrogeant spatialement le lieu déterminé par sa fonction, par sa vocation emblématique de l’espace...
Ensuite vient le temps du prélèvement topologique. A la manière d’un cartographe Michaël Viala prend en compte les données physiques de l’espace et dresse ainsi la cartographie des éléments déterminants en cataloguant les dimensions, les couleurs et les matériaux.
La conception in-situ prend place dans l’atelier. En travaillant sur plans et élaborant des dessins, les propositions prennent formes.
C’est sur le principe «d’allers-retours», d’échanges que cette conception se prépare. L’inscription de l’oeuvre dans l’espace est une démarche d’ouverture et de coopération permettant ainsi l’élaboration des derniers moments de phases d’exécution et de réalisation. Les oeuvres générées sont principalement des éléments de type module dont l’épuration formelle s’insère dans l’espace.
Cette démarche permet la mise en œuvre d’une adéquation entre l’espace et le spectateur.
Une jonction où deux univers se croisent ; l’un laissant sa place à l’autre et de ce fait permettant aux visiteurs d’être à la fois acteur et spectateur. L’essence même de ce paramètre étant lié à la circulation met- tant ainsi nos sens en éveil sur différents axes : visuel, physique ou mental.
Chaque œuvre est un espace défini par les paramètres des lieux dans laquelle elle s’inscrit. Le protocole de l’écriture à la conception est une démarche artistique ; chaque proposition étant un acte offert aux sens.