MICHAEL VIALA
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© Michaël Viala

Michaël Viala, galerie Vasistas, Montpellier, 2011.

Les sculptures de Michaël Viala sont des modules en contre plaqué brut ou peint, qui viennent se greffer à Michael Viala n’est plus un inconnu dans notre région puisqu’il a déjà exposé chez Pannetier, à la Vigie, Carré Ste Anne, chez Vasistas ou désigné plus récemment un parcours possible, au sol, à travers le Musée de Sérignan. Ses réflexions sur le skate lui font créer des sculptures inspirées par cette activité qui a pour principal intérêt plastique de dessiner l’itinéraire précis des grandes lignes architecturales d’un espace
urbain, de ses défauts et de ses obstacles. En règle générale il choisit la courbe comme moyen de contrecarrer la suprématie de l’angle droit. Ses volumes privilégient l’arrondi, ses habillages muraux glissent du mur au sol en bombant le matériau souple dont il se sert. Quant à ses dessins, jusqu’à présent en noir et blanc, ils privilégient donc les formes rondes ou incurvées dans une division assez radicale de la surface. Les petits formats présentés à Vasistas recourent, encore une fois, à cet arrondissement général des lignes. D’abord dans des travaux minutieux qui imitent la surface d’un vinyle sans le moindre accroc et laissent une plage circulaire vacante, tel un troublant trou blanc parmi les ondulations concentriques d’un univers en expansion. Le noir et le violet, à l’extrémité de la gamme, sont sollicités et c’est le même geste répété à l’excès qui sa- ture la surface colorée à l’aide probable d’un compas. Ensuite dans des dessins en noir et blanc, ce dernier d’ailleurs, à l’instar des cercles précédents, émanant de la surface vierge. Mais la circularité, la rotation, peut être suggérée autrement : Michael Viala propose trois séries quadrangulaires de dessins de modeste format au feutre qui traversent la surface carrée à partir de dizaines de modulations colorées. Soit en recourant à des formes circulaires, soit triangulaires, soit rectangulaires émanant de la division du carré. L’artiste utilise des outils requis à la manière d’un architecte ou dessinateur industriel et, à partir d’une couleur neutre, multiplie les couches sur chaque ligne de manière à obtenir le maximum de richesse colorée. Ainsi donne-t-il en quelque sorte de la couleur à la ville dont il a au préalable arrondi les angles. Or la présentation murale de chacune des variations singulières aboutit à une rotation, ce qui fait que l’on quitte aisément l’angle droit et ses lignes urbaines encore ici. Dans certains dessins c’est l’horizontale qui domine et l’oeuvre acquiert alors une véritable dimension picturale. Cette dernière s’intègre à l’architecture d’un lieu qui lui-même s’inscrit dans l’espace urbain. Ainsi cette œuvre, dont la rampe de lancement s’articule autour d’une réflexion sur la ville à partir du skate afin s’aboutir au dessin, rejoint-elle la ville à partir de ce même dessin. Et puis il y a ces oeuvres de petits formats bricolés à partir de photographies saisies sur le net et renvoyant aux anneaux de Saturne. Par le biais de répétitions de formes, par l’essor d’un mouvement rotatif on se rend compte que Michael Viala poursuit sa réflexion qui a pour assise la terre, notamment le macadam urbain, et la pousse vers des voies insoupçonnées, sollicitant davantage la cosmogonie ou la science microscopique de pointe. De toute façon, qu’il s’escrime à répéter incessamment un geste tourbillonnaire, qu’il se serve d’une rampe de skate comme d’un modèle d’élan vers le vertige, ou qu’il porte ses recherches du côté du plus profond des cieux, Michael Viala reste toujours les pieds sur terre. C’est le principe même de l’équilibriste ou du casse- cou : s’imposer des règles strictes pour pouvoir s’envoler et retomber au bon endroit, sans se casser le cou, précisément.

BTN 2011