MICHAEL VIALA
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© Michaël Viala

Lieux sans rue

Michaël Viala questionne le statut des formes.
Elles ne sont ni sculptures, ni objets, ni design, ni installations mais les quatre à la fois.
Leurs matériaux, bois et acrylique, constituent le point commun. Une fois fabriquées, ses pièces sont placées au sol, souvent inclinées.
Les projets et les options sont pensés en amont, sous forme de dessins, la réalisation devient alors une adé- quation entre les deux étapes.
En règle générale, chacune d’elle occupe une position privilégiée dans l’espace.
Le travail de Michaël Viala s’organise autour d’élément de réalité, du quotidien urbain. En effet, il dévie de leur fonction initiale les modules, les spots généralement utilisés pour le skateboard. Et, de fait ses sculptures investissent un espace, elles constituent alors «un lieu» propice à la construction. L’enjeu de son travail se situe précisément là.
Chaque module détermine le lieu et non l’inverse en fonction de sa couleur, de sa surface, de sa forme.
Il leur donne une autre «présentation».
Mises en scène comme des environnements perturbateurs de manière à contraindre et restreindre le dé- placement du spectateur, ces installations déforme le réel. Celui qui fait l’expérience directe de ses pièces éprouve à la fois un effet physique et psychologique.
Selon Michaël Viala, l’espace ne peut se saisir que par la mise en épreuve de ses limites.
Ainsi, il s’aide de la géométrie que celui-ci impose : centres, axes, angles, diagonales, cercles... Alors, l’es- pace prend corps pour devenir presque praticables.
La ville est par définition le lieu d’une vie communautaire.
Michaël Viala l’a bien compris. Cependant, il renverse l’espace extérieur en espace intérieur. Il crée ainsi des bouleversements, des inversions, des perturbations d’ordres architecturaux.
Ses sculptures s’installent, se transforment, s’amplifient en excursion urbaines.
Tout porte à démontrer que ses travaux ne sont pas réels, ils sont distanciés de leur source pour que tout à coup le jeu du monde devienne virtuel.

Marie-Pierre Donadio, 2001